Ils y sont tous... Verlaine, Proust , Cicéron, Gracq, Sterne , Barbery, Shakespeare, Roth , Rankin, Austen, Hardy... je les ingère et les déguste en les palpant, mes yeux percent la couverture,
s'affolent dans la quatrième de couverture à la recherche de l'information nécessaire à ma folie du jour. Je touche, je progresse avec toute la ferveur qui me gagne, je caresse avec
effervescence, mon coeur s'emballant à l'instinct.. Je frémis non pas d'impatience mais de peur que m'échappe un morceau , une once un éclat de ce plaisir.
Féminine et sûre de moi dans la rue, je suis devenue une Ombre Blanche. L'ombre de mes personnages , those haunting characters forever and a day, l'ombre de ces auteurs magiciens. Je ne repars
jamais les mains vides et je suis apaisée par l'attente du calme qui m'atteindra quand , doucement, avec soin, avec délicatesse, j'entendrai le bruissement de la première page. De la deuxième. .
Le bruissement qui annonce une nuitée tardive et plongée dans une semi pénombre. Notre chambrée sera éclairée, assez pour lire, assez pour que l'autre puisse dormir. Il y aura assez de luminosité
pour que je puisse lire, l'oeil sortant à peine de la couverture, le drap n'exposant qu'à moitié les lignes, la chaleur m'inondant pour me permettre de m'enfoncer dans les mots, dans leurs
sens. Parfois, une seconde, ma main se tendra pour atteindre le dictionnaire et y combler quelques-unes de mes ignorances, je ne m'en rendrai pas compte, mon esprit sera en simple attente, n'aura
pas besoin de grimacer ou de s'appesantir sur ce moment de partage : le livre et le dictionnaire, mon Dieu, trop souvent délaissé par le commun des mortels, vont de paire.
Je lirai jusqu'à épuisement, quand mes yeux baisseront un voile sur la typographie pour m'ouvrir une autre réalité, celle de mon imaginaire.
J'aime lire et j'aime flâner dans Ombres Blanches.
Vous pourrez m'apercevoir entre deux de leur rayonnages. Je suis souvent là, entre deux pages... de celles qui sont là... Gary, Khan, Barjavel, Rabelais, Rey, Follet, Doyle, Sand et Buzzati...
Vous dites sur